Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu l’aurore. Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsque ses pieds nus se posèrent dans l’herbe encore fraîche et humide de la rosée du matin. Elle avait froid, mais elle s’en fichait. Il faisait bon d’être là. Juchée sur cette colline, la plaine à perte de vue et les rayons du soleil qui percent la nuit à l’horizon.
Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle voulait graver cet instant dans sa mémoire. Les bruits, les odeurs, la sensation de la brise sur sa peau nue. Elle souhaitait plus que tout marquer sa mémoire au fer rouge de cet instant de bonheur.
Laisser derrière elle le passé. Ne pas penser à ce qui arriverait après.
L’important c’était que là, maintenant, elle se sentait plus vivante qu’elle ne l’avait jamais été.
Une parenthèse de bonheur au milieu de l’horreur de son existence.
Elle entendait déjà les chiens et le pas des hommes qui venait à sa rencontre. Elle regarda derrière elle les corps de ses bourreaux. Elle était déterminée à en finir avec cette vie misérable. Elle ne serait plus jamais leur jouet. Elle ramassa l’arme laissée à terre et descendit la colline d’un pas décidé.




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