Quand ils étaient arrivés, il se souvient, il leur avait fallu lutter pour pouvoir survivre et prospérer. La faune locale était abondante et riche. Elle leur fournissait à manger autant qu’elle constituait leur plus grande menace. La flore avait également causé quelques pertes. Tout leur était inconnu, il avait fallu apprendre et s’adapter.

Mais avec le temps, ils avaient su tirer parti de leur environnement et le maîtriser.

Ils s’étaient débarrassés de leur plus grands prédateurs en se construisant des abris et en défrichant les alentours pour qu’ils ne puissent plus se faire surprendre par leurs attaques. Ils avaient appris à domestiquer la flore et s’étaient débarrassés des espèces toxiques. Cela avait permis à la tribu de grandir et de prospérer. On pouvait désormais parler de peuple. Il sourit, à la fois nostalgique et fier.

Les plus jeunes n’ont pas connu ce temps. Celui où chaque jour était une lutte pour la survie. Quand on était à la fois chasseur et proie. Les petits avaient maintenant le temps de jouer et pouvaient goûter la joie de l’insouciance.

Mais tandis qu’il les observaient jouer dans le grand terrain mis à nu par son père et ses oncles, il ne pouvait s’empêcher de se demander s’ils n’étaient pas allés trop loin. Il avait cette sensation que tout autour de lui se mourrait. Tout devenait terne, il y avait de plus en plus de tremblements, les épisodes de chaleur se faisaient plus intenses, il avait entendu parler d’inondations subies par les autres tribus qui vivaient un peu plus loin. Quelque chose était en train de changer. Il avait peur mais ne parlait pas. A quoi bon ?

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Pendant ce temps, à une autre échelle :

  • “Mme Imbert ? J’ai reçu les résultats de vos examens. Il s’agit bien d’une infection virale, je vous redirige vers notre spécialiste”.

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