Elle se réveilla en sursaut, dressée dans son lit. Trempée de sueur et haletante, comme à chaque fois. Elle se tâta le corps, prit le temps de s’accommoder de la faible luminosité et fit le tour de sa chambre du regard. Un cauchemar.

Elle se rallongea dans son lit et secoua la tête. Des mois que cela durait. Elle regarda par la fenêtre de sa chambre pour essayer de penser à autre chose et admira la pleine lune qui perçait le rideau voilé.

C’était à chaque fois le même scénario. Elle se promenait dans une forêt glauque mais calme. Comme si tout autour d’elle retenait son souffle. L’atmosphère laissait paraître une tension qui lui dressait les poils. Elle finissait par déboucher dans une clairière. Des fleurs formaient un cercle au sol. Au centre de ce cercle, il y avait des gros œufs de formes et de couleurs différentes.

Sa curiosité la poussait à aller voir de plus près. Mais dès qu’elle entrait dans le cercle de fleurs, un œuf se mettait à éclore et tout autour d’elle se mettait à s’agiter. Un vent violent se levait et fouettait les arbres. Les animaux perdus dans la forêt autour se mettaient à hurler et on pouvait deviner qu’ils fuyaient loin de là. La forêt se remplissait d’une vibration qui lui vrillait les tympans.

L’œuf tout en se brisant, faisait naître une bête immonde dans une odeur pestilentielle. Et la bête grandissait à vue d’oeil. Elle grandissait jusqu’à devenir un monstre, plein de crocs et de griffes. Et il se mettait aussitôt à la pourchasser.

Alors elle se mettait à courir pour sauver sa peau. Fuir aussi vite que possible ! La chose derrière elle avait le pas lourd mais elle ne parvenait pas à prendre une avance qui la mettrait en sécurité. La forêt ne lui facilitait pas la tâche. Souvent elle trébuchait ou restait prise dans des branchages.

Sa course l’amenait toujours à la lisière de la forêt. Dans une étrange prairie remplie de portes. Là, elle se stoppait net pour les regarder, une à une. Elle entendait la bête derrière elle, toujours à sa poursuite. Il fallait faire vite. Fuir pour sauver sa peau. Parmi toutes ces portes, l’une d’elle lui semblait familière, rassurante. Alors elle fonçait vers elle pour échapper au monstre qui émergeait à son tour de la forêt.

Voulant être sûre de lui échapper, elle gardait entrouverte la porte, juste suffisamment pour voir l’horrible créature en ouvrir une au hasard et s’y engouffrer. Rassurée, elle fermait alors sa porte derrière elle.

Elle se réveillait toujours pile à ce moment là. Essoufflée et en sueur.

Et chacune de ses nuits de cauchemar, un cri déchirait la nuit, quelque part en ville. Et un enfant ne se réveillait plus jamais.

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