Tout était différent mais à la fois si similaire. Jamais il n’aurait imaginé qu’un monde parallèle puisse être si semblable au nôtre. Mais ces couleurs, si vives, si plurielles, ne permettaient pas de confusions. Les formes également. Tout ici était beaucoup plus carré, plus rose, plus orange. Moins de bleu, moins de marron. Il marqua ces observations dans son carnet.
Une tape sur son épaule le tira de son état d’émerveillement.
“Tu t’occuperas de la parcelle C3, là-bas. Votre attention tout le monde ! N’oubliez pas, on doit répertorier le plus de choses possibles. Mais ! On ne sait pas combien de temps la brèche restera ouverte, donc si vous entendez le signal de repli, courrez vers notre point de ralliement immédiatement.”
Parcelle C3. Agenouillé devant le parterre de végétation locale, le biologiste créait une fiche pour chaque nouvelle espèce observée. Il avait trouvé une fleur qui ressemblait de loin à une tulipe, en plus carré. Ce qui aurait pu être des aromates et là, on aurait pu croire à un chou. Il entendit bouger sous les feuilles un peu plus loin. Il eut le temps d’apercevoir une petite boule de fourrure à grandes oreilles rondes. Il nota “Lapin ? Musaraigne ?”.
A force de comparaison, la question de la similarité avec notre monde se fit de nouveau présente. Était-il vraiment possible qu’ailleurs ressemblent autant à ici ? Il s’attendait à plus de dépaysement quand il avait appris l’existence d’un autre univers habitable. Il entendait ses collègues s’extasier ici et là. L’un d’eux insistait sur le fait qu’il avait vu un renard bleu à 2 queues.
Haussant les épaules, il se remit au travail. De nouveau accroupi devant le petit bosquet, il reprit sa prise de notes. Complètement absorbé par sa tâche, il finit par ne plus faire attention à ce qu’il se passait autour. Alors qu’il était à genoux en train d’observer une sorte de mûrier bleu clair avec des dents plutôt que des épines, une ombre massive se dessina au-dessus de lui.
Il se retourna lentement pour apercevoir un humanoïde à la taille impressionnante. Il se figea. Il sentit qu’autour de lui, tous ses collègues avaient fait de même.
Debout à 2 pas derrière lui, le fixant de ses trois yeux noirs et perçants, la chose esquissa…un sourire ?





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