Elle avait peur du vide depuis toujours. Pour faciliter les choses, elle appelait cela le vertige comme tout le monde, mais elle n’était pas effrayée que par les grandes hauteurs. Sa peur du vide allait bien au-delà, paralysant sa vie, rendant chaque mouvement douloureux.

Elle avait peur du vide en général.

Elle avait peur lorsque l’air l’entourait en entier. Elle marchait le long des murs, elle se noyait dans les foules et collait les gens autour d’elle. Au parc, elle cherchait une place près d’autres personnes, sur les bancs déjà occupés.

Elle accumulait les choses pour remplir les trous. Chez elle, c’était un bordel sans nom. Il y avait à peine la place de se déplacer pour se rendre d’une pièce à l’autre. Et dans les pièces elles-même ? Que dire ? Accéder à une chaise dans la salle à manger ressemblait à une partie de Twister.

Elle n’allait faire ses courses que le premier samedi du mois. Elle ne prenait sa voiture que lorsque les applications indiquaient un trafic dense. Elle se sentait bien dans les transports en commun bondés.

D’être constamment collée aux autres lui avait causé quelques problèmes. On l’appelait la chieuse, la collante, et autres noms d’oiseaux. On la soupçonnait constamment d’avoir de mauvaises intentions. Surtout lorsque dans un métro quasiment vide, elle allait s’asseoir tout contre la seule personne présente dans la rame.

Mais le vide lui donnait l’impression de ne plus tenir en elle-même, d’être aspirée ailleurs. Une sensation qu’elle pouvait ressentir physiquement, comme un vertige justement, mais permanent.

Un mal vicieux que personne ne prenait au sérieux.

Cette histoire a été écrite en 10 minutes, pas une de plus

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